Mercredi, 22 Novembre 2017
  • Site mis à jour le 03 juillet 2017

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Le Passager des Courants d'air

Note d'intention

Je suis sensible depuis longtemps à la question de l’exil et du déracinement. 

L’actualité de ces derniers mois et les questionnements autour de l’arrivée massive d’émigrés dans nos pays, mais aussi un voyage sur le continent américain m’ont donné envie de confronter Tapon, mon clown, à cette question.

Comment percevons nous l’environnement lorsque nous arrivons dans un lieu qui nous est étranger et comment sommes nous perçus, comment les différences peuvent dialoguer et s’apprivoiser quand elles se confrontent sont les points que j’ai voulu développer à travers « le passager des courants d’air ». 

J’ai laissé doucement le clown s’emparer du sujet, afin que par son langage universel, il offre une porte de réflexion aux plus jeunes comme au plus vieux.

Petit à petit, en laissant venir, Tapon a endossé le costume des exclus, celui des voyageurs, celui de ces peuples itinérants aussi qui se laissent porter par le vent, les nomades qui font escale, mais ne s’arrêtent jamais longtemps, puis est arrivé le stéréotype « des voleurs de poules ». C’est ainsi que très naturellement est venue l’idée d’intégrer des poules au spectacle.

Elles représentent à la fois l’opportunité d’une rencontre, mais aussi d’une continuité. Elles offrent à Tapon l’opportunité de la rencontre, qui lui permet doucement, après les avoir apprivoisées, de s’ouvrir sur l’autre, ce qu’il refuse au début, par peur. 

Jouer avec des poules qui n’ont absolument pas été dressées pour le spectacle, est à la fois une aubaine pour un clown et un risque de dérapage permanent. J’ai pris le temps de les observer, de les apprivoiser, de créer une relation autant qu’il est possible avec des poules, puis je les ai laissé venir doucement, calant mon jeu sur leur mode de vie, leurs attitudes récurrentes.

Elles m’ont parfois détourné de mon sujet, emmené sur des territoires inconnus, m’ont obligé à m’adapter sans cesse à de nouvelles données.

« le passager des courants d’air » est né ainsi dans un grand mouvement d’air frais.

Ce que j’ai voulu pour ce spectacle c’est que chacun y trouve sa route, s’il en a l’envie. A chacun le choix de lire ou non les messages allégoriques parsemés tout au long de l’histoire, de l’absurdité de la frontière au besoin vital que nous avons d’être avec l’autre, d’aimer et d’etre aimé, de donner et de recevoir… 

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